16 avril 2026

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Déclaration préalable de la FSU au CDEN départemental de la Haute-Garonne (14 avril 2026)

Déclaration préalable de la FSU ; CDEN du 14 avril 2026.

Monsieur le DASEN,
Monsieur le vice-président,
Mesdames et messieurs

Chaque préparation de rentrée dans le second degré dans notre département est un crève-coeur et celle-ci ne fera hélas pas exception. On se demande même comment ça peut être pire à chaque fois et pourtant ça l’est factuellement. D’ailleurs, qu’il y ait des hausses ou des baisses d’effectifs, la seule constante des rentrées qui se suivent et se ressemblent est la baisse continuelle du H/E et, par conséquent, l’augmentation inéluctable du nombre d’élèves par classe.
Cette dérive de l’enseignement public se fait en plus dans un contexte national de fin de régime, de montée inéluctable de l’extrême droite, de discours larmoyants sur les finances publiques qui ne peuvent plus aider l’éducation mais qui peuvent construire des porte-avions et de discours de plus en plus racistes et decompléxés à l’endroit de l’origine supposée de tous les maux, les immigrés. Ce contexte national assez délétère est lui-même entouré d’un contexte mondial ou les pouvoirs autoritaires et belliqueux, et notamment celui des Etats-Unis, essaient de régner sans partage. C’est une véritable défaite du Droit et de la raison à laquelle nous assistons. Et au lieu de résister fermement pour afficher une autre voie possible, on laisse couler et l’horizon de notre jeunesse française est tellement bouché que même notre taux de natalité, exception française d’un temps où l’espoir devait encore exister, est en berne. Et ne croyez pas mesdames et messieurs que l’état de notre service public d’éducation ne fasse pas partie des causes de cette désillusion. En effet, quel jeune parent croit vraiment aujourd’hui qu’il peut confier son enfant à l’école publique et que tout va bien se passer, surtout si ce parent n’est pas issu d’un milieu favorisé ? L’école creuse les inégalités, l’école n’assure plus l’ascenseur social, l’école entasse ses élèves, l’école paie mal ses professeurs, l’école n’est plus ou peu un pilier de la République.
Et en ce moment même, une occasion en or se présentait pour un peu améliorer les choses : la baisse des effectifs qui s’amorce aussi dans notre département. A moyens constants, elle pourrait permettre de faire baisser le nombre d’élèves par classe. Cet effet d’aubaine n’est même pas saisi et c’est une sorte de couronnement ou d’enterrement des volontés politiques pour sauver ce qui pouvait l’être.
Vos chiffres dans le 31 le montrent : la baisse des effectifs en collège s’accompagne de 60 suppressions de postes et la hausse des effectifs en lycée ne s’accompagne pas du tout d’une création proportionnelle de ces mêmes postes. En gros, on crée peu de postes quand les effectifs augmentent mais on les supprime derechef quand les effectifs baissent. Quand on détaille un peu, on voit aussi en lycée par exemple que les établissements les plus défavorisés avec les IPS les plus bas sont aussi ceux qui paient cher l’augmentation du E/D : le nombre moyen d’élèves en seconde est de 34,3 à Déodat, 35 à Joséphine Baker et 35,2 à Toulouse-Lautrec. Ce n’est pas acceptable, d’autant que la DSDEN avait déjà été alerté l’an dernier déjà sur ce sujet dans ces lycées.
Par ailleurs, et la mobilisation du 2 avril l’a montré, l’école inclusive souffre et la meilleure preuve en est la situation économique dans laquelle on laisse vivre nos AESH avec moins de mille euros par mois ; ce qui prouve aussi cet abandon est le plafond du nombre d’élèves par section en ULIS qui est de 17 en Haute-Garonne alors que la préconisation nationale, modifiable par le DASEN est de 10 élèves.
Même les collectivités locales sont à la peine pour soutenir l’éducation nationale ; le CD 31 a expliqué l’an dernier ses difficultés financières avec des conséquences sur l’emploi dans les collèges et la Région, elle, abandonne par exemple le financement des manuels scolaires, dans un aveuglement numérique d’un autre temps quand on sait qu’il faut réduire le temps d’écran chez nos jeunes. Notre Région aussi, alors qu’elle offre sans conditions de ressources des ordinateurs à tous les élèves et jette de l’argent par les fenêtres, n’arrive plus à s’occuper des vieux ordinateurs mis à disposition des personnels, se trouve en grande difficulté pour rénover des lycées vieillissants et augmente les tarifs de cantine.
Par ailleurs, pour ce qui est du CD31 et du plan de construction des collèges, nous souhaiterions savoir ce qui est arbitré à ce jour sur l’ensemble du département.
Dans ce cadre de forte dégradation des conditions de travail qui ont forcément des conséquences sur la qualité du service public d’éducation, un autre élément s’ajoute à cet empilement de difficultés. Il s’agit des problèmes nombreux de management que nous estimons toxiques dans de nombreux établissements. Ces errements managériaux, nous vous l’avons souvent répété Monsieur le Dasen, sont souvent évitables et, vous le savez aussi, nos attentes sont très fortes par exemple quant aux décisions qui seront prises suite à l’enquête administrative au lycée Bagatelle de Saint-Gaudens. En effet, ce lycée concentre en un seul lieu un panel très large de problèmes qui au bout du compte nuisent non seulement à l’épanouissement des élèves mais à leur sécurité. Autoritarisme du chef d’établissement et d’une CPE, propos déplacés sexistes, racistes et homophobes d’un professeur, mise en examen pour viols sur mineures de l’ancien proviseur adjoint, la coupe est pleine. Et c’est là qu’on va voir si Monsieur le Recteur a encore autorité pour imposer des solutions qui se voient gros comme une maison.

Pour finir, en lisant vos documents Monsieur le DASEN, on voit tous vos efforts pour que cette répartition des moyens très contrainte ait le moins d’incidences sur les suppressions de postes occupés par des collègues. Dont acte. Mais cette approche encore humaine n’en demeure pas moins la gestion d’une crise importante, grave et durable et cela ne suffira pas à freiner la dégradation des conditions d’enseignement dans les établissements publics de la Haute-Garonne.

Merci pour votre attention.