12 mai 2026

Actualités et actions

Déclaration de la FSU81 au CDEN du 4 mai 2026

Tout d’abord, nous tenons à alerter les membres du CDEN concernant la situation extrêmement préoccupante du relais de Montans, établissement qui assure l’hébergement d’urgence, accueille des personnes en demande d’asile et accompagne des personnes sans domicile nécessitant des soins. L’accomplissement des missions de cet établissement, géré par Cités Caritas depuis 2024, est mis à mal par les choix budgétaires du groupe, dégradant fortement les conditions d’accueil et les conditions de travail des salariées, avec maintenant le risque de mise à la rue de ces personnes socialement fragiles. La FSU apporte son soutien aux personnels mobilisées et appelle à se rassembler ce mardi 5 mai à 14h devant le relais de Montans.
Le ministère a annoncé un changement de méthode dans la construction de la carte scolaire 1er degré, qui va se traduire par une expérimentation dans 18 départements. Dans son communiqué de presse, le ministre déclare : "Nous inversons la logique en partant du terrain et des réalités démographiques et géographiques de chaque territoire". La FSU 81 salue cette prise de conscience soudaine de la nécessité de s’appuyer sur les réalités du terrain, ce que nous portons syndicalement depuis toujours. Sans doute le ministère va-t-il très prochainement accéder aux demandes répétées de la FSU-SNUipp 81 lors des instances de carte scolaire, de création massive de postes, pour rappel 507 postes pour la rentrée 2026, dont 165 postes classe ? Malheureusement, nous en doutons, car le communiqué ajoute "l’objectif de cette expérimentation est [...] d’améliorer l’offre scolaire dans un contexte de forte baisse démographique, alors que notre système éducatif devrait compter 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035." En effet, lorsque l’on souhaite poursuivre sur la voie des politiques libérales, il paraît bien plus opportun d’invoquer la prise en compte des réalités de terrain dans le primaire au moment où les effectifs d’élèves sont en baisse, plutôt que de partir des mêmes réalités en collège ou lycée où les classes sont surchargées. Des projets de regroupements d’écoles, comme nous en avons connus par le passé (EPEP, EPLESF...) pourrait ressortir, et ils conduiraient à accentuer la désertification rurale. Pour la FSU 81, il faut au contraire garantir un service public de proximité, et comme nous le martelons, saisir l’opportunité de la baisse démographique pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels et sortir la France de la queue du peloton des pays européens en termes de nombre d’élèves par classe
Nous voulons, en outre, revenir sur le dualisme scolaire et le soutien à l’enseignement privé.
En effet, les politiques de soutien au privé sont malheureusement menées à de nombreux niveaux et échelons politiques, et le conseil départemental du Tarn n’y échappe pas : alors que les écoles, les collèges et les lycées voient de bien trop nombreux postes supprimés pour la rentrée de septembre 2026, le conseil départemental du Tarn vient de signer avec le diocèse d’Albi une convention triennale de près de 3 millions d’euros pour les 11 collèges sous contrat du département., allant plus loin que les obligations légales : kits de rentrée pour les 6e, chéquier collégien, aide à la restauration scolaire (25 000 euros), opération « collège au cinéma », participation au conseil départemental de la jeunesse…
Quand par ailleurs et par exemple on constate l’état des services sociaux départementaux, sous-financés, asphyxiés, à commencer par l’ASE et les foyers d’accueil, nous ne pouvons que réitérer notre position : la FSU s’est toujours opposée au dualisme scolaire et à toutes les tentatives d’affaiblir le service public d’Éducation au profit du secteur privé. Elle réaffirme son exigence que les fonds publics ne financent que les écoles et établissements publics.
Concernant le public, car le privé n’y était pas soumis, sûrement une manifestation supplémentaire de l’égalité public/privé, nous savourons une petite victoire tardive avec la parution, enfin, du décret et de l’arrêté actant la fin des regroupements de niveau obligatoires. Mais pour cause de parution tardive de ces textes, les CA DHG de février se sont déroulés sans textes réglementaires mis à jour dans les collèges.
Ainsi, dans le meilleur des cas, les CA ont-ils voté une répartition qui ne correspondait pas aux textes en vigueur mais à des propos ministériels, ce qui montre le rejet des groupes de niveau par la profession. Ailleurs, des chef.fes d’établissement, au mépris des compétences réglementaires de l’instance, ont refusé de soumettre leur répartition au vote, inventant cette année une énième entorse managériale au code de l’éducation, « l’absence de texte ». Enfin des principales et principaux ont demandé à leur équipe de poursuivre les groupes de niveau sous prétexte de « réglementation en cours ». Le SNES-FSU combat ces dérives et la stratégie ministérielle d’affaiblissement de la démocratie dans les EPLE par l’organisation du flou réglementaire.
Le nouveau dispositif « collège en réussite » concernant 3 établissements sur notre département, mis en place pour contourner la question nodale de l’enseignement prioritaire, cherche d’ailleurs, sur la base d’un contrôle permanent par la hiérarchie et du teach to the test faisant le malheur de l’éducation anglo-saxonne, à faire revenir les groupes de niveaux par la fenêtre en conditionnant les moyens à la mise en place de ces groupes. Ces derniers ont pourtant été combattus par la grande majorité des équipes pédagogiques, car les professionnels de terrain le savent bien : à condition qu’ils ne soient à 30 par classe et que les horaires permettent dédoublements et travaux en petits groupes, les jeunes apprennent mieux ensemble, au sein de leur classe : la coopération, l’échange, la reformulation entre les élèves sont des atouts qui profitent à toutes et tous.
A condition qu’ils ne soient pas 30 par classe et qu’ils disposent de moyens suffisants pour travailler sereinement, avons-nous dit. Oui, la question des moyens est importante et le moins que l’on puisse dire est que ceux-ci, cette année encore, seront insuffisants.
Qu’on en juge : à la rentrée 2026, les collèges et les lycées (hors enseignement professionnel) perdront 315 élèves mais 610H d’enseignement devant élèves soit l’équivalent de 34 postes.
Autrement dit, au lieu de profiter de la déprise démographique pour améliorer les conditions d’apprentissage, c’est à une nouvelle dégradation globale des conditions de travail et d’études que nous allons assister, dans des établissements où tous les personnels et les vies scolaires sont en tension.

Collèges
Dans les collèges, nous assistons certes à une très légère diminution du E/D départemental (qui reste cela dit bien au-delà de la moyenne des pays de l’OCDE) mais la situation reste mauvaise dans de nombreux établissements avec la perte de 19 ETP pour 300 élèves de moins. Dans le Tarn, sur 517 classes de collèges l’an prochain, seulement 20 classes auront un effectif inférieur ou égal à la moyenne des pays de l’UE (21).
La lecture des tableaux de l’administration dessine la litanie des classes à plus de 27 élèves, y compris dans des établissements dont les difficultés sont connues, à l’image des 30 élèves en 3e au collège Jaurès d’Albi, des 29 élèves en 5e au collège Monnet de Castres ou l’ensemble des niveaux très chargés au collège Camus de Gaillac ou au collège de Blaye les Mines.
Des situations nous alertent également, suscitant des mobilisations et des inquiétudes fortes chez les collègues.
Le collège des Clauzades à Lavaur, mobilisé massivement mardi 24 mars, sera le collège du département où le nombre moyen d’élève annoncé par division est le plus élevé du département (28 en classe en 6e, 27 en 5e, 29 en 4e et 29 en 3e) avec la suppression annoncée de 3 divisions. L’évaluation du nombre de 6e par la DSDEN ne correspond d’ailleurs pas aux remontées faites par les professeures des écoles du secteur. Seraient attendus entre 180 et 195 élèves sur ce niveau et non 168, comme annoncé. D’autres effectifs ne prennent pas en compte des inclusions d’élèves d’UPE2A. Dans certaines classes surchargées, à 30, il n’y a même plus de place pour installer décemment les AESH qui suivent les élèves, le tout dans des locaux dégradés et nécessitant des travaux de rénovation.
De ces choix d’économie de moyens, découle la suppression de 5 postes d’enseignantes dans l’établissement. A noter la situation de l’ULIS où 18 élèves sont attendus puisque l’ULIS du collège est la seule du secteur avec deux ULIS écoles à Graulhet et à Lavaur.
Par ailleurs, le collège Pierre Suc de Saint Sulpice, sûrement en conséquence de l’ouverture du collège de Coufouleux, se voit retirer trois divisions (une 6e, une 5e et une 3e) et la suppression de 4 postes d’enseignantes. Ces diminutions de moyens ne permettent pas d’améliorer de façon satisfaisante les conditions de scolarisation des élèves qui resteront toujours dans des classes à effectifs chargés, notamment en 4e et 3e.
Au collège de Cordes sur Ciel, le comptage des effectifs attendus en 6e semble problématique. Les retours des écoles du secteur donnent un effectif de 72 élèves attendus en 6e alors que la DSDEN en annonce 60. De plus, en maintenant les 6es à 30 élèves, l’internat ne peut pas recruter de nouveaux internes hors secteur. L’équipe nous (et vous) alerte sur la survie de l’internat et demande la création d’une 6e et d’une 3e. A ceci, s’ajoute une multiplication des compléments de service, comme c’est d’ailleurs le cas dans d’autres établissements ruraux du département, Valence d’Albigeois par exemple. Nous en savons l’impact négatif sur les conditions de travail des collègues, l’organisation et le travail d’équipe au sein de l’établissement. La révision de la carte scolaire qui éviterait que des familles se déportent sur le privé (à Naucelle) pour cause d’un trop long temps de trajet et un collège de secteur bien surchargé en effectifs reste une demande légitime de la part de l’équipe pédagogique.
Au collège Pasteur de Graulhet, classé REP, l’inquiétude perdure concernant des effectifs chargés sur les niveaux 6e, 5e et 3e. La baisse de dotation annoncée n’aura d’autre effet que de restreindre voire de rendre impossibles des dédoublements indispensables pour permettre d’accompagner au mieux les élèves.
S’ajoute à cette liste le cas du collège Camus à Gaillac, où les effectifs s’annoncent également chargés avec plus de 28 élèves par classe en 6e, 5e et 4e et où aucune création de poste, pourtant demandée, ne semble prévue. La multiplication des BMP, entraînant une instabilité dans les équipes et mobilisant le plus souvent des TZR à l’année, ne peut être une solution de fonctionnement satisfaisante.
Dans beaucoup de collèges, en somme, et au-delà de ceux précédemment cités, la baisse des dotations met les équipes enseignantes en tension, les contraignant à faire des choix de répartition de la pénurie de moyens toujours dans la crainte de se voir retirer en juin, des classes supplémentaires.

Lycées
D’autre part, dans ce bien sombre tableau, ce sont les lycées qui paient le plus lourd tribut à l’austérité budgétaire : hors post bac, ce sont 14 élèves de moins prévus à la rentrée et pourtant 280 heures de moins, soit l’équivalent de 15 ETP.
La situation est très alarmante pour les secondes, classe importante pour les élèves et leur famille. Entre les effectifs constatés en septembre 2024 et vos prévisions pour la rentrée 2026, il y a une perte de seulement 40 élèves et pourtant vous aurez organisé la fermeture de 5 classes de seconde dans le département, si bien que le nombre d’élèves par classe en seconde passera à 33,5 élèves en moyenne alors qu’il était de 32 à la rentrée 2024 : ce n’est pas acceptable.
Et la situation n’est pas plus enviable en première et en terminale, si bien que les lycées semblent sinistrés.
Le lycée Bellevue fait l’objet d’une perte de 70 heures, deux classes, deux postes et se profilent des effectifs très chargés (35 en seconde, 34,8 en premières, 35,7 en Tales). Nous relayons leur demande de se voir réattribuer une classe de seconde et une de première. Concernant les enseignements de spécialité il semble indispensable de sanctuariser l’EDS d’arts plastiques et de dégeler celui d’espagnol.
Au lycée Soult de Mazamet, la rentrée 2026 se profile également sous le coup de la restriction des moyens : perte de 104 heures, suppression de 4 postes, dédoublements rendus impossibles dans des classes à effectifs surchargés… Il en va de même pour le lycée Rascol dans lequel sont annoncés des effectifs chargés en première et terminale ainsi que la suppression de 3 postes.
En outre, les collègues de lycée alertent sur leur état et celui des élèves soumises à un stress permanent depuis les contre-réformes Blanquer.
Ils constatent aussi ce que le SNES-FSU annonçait dès 2019, à savoir le fait que cette réforme diminuerait l’accès des filles aux études scientifiques… En effet, les répercussions sur l’égalité d’accès entre filles et garçons aux parcours scientifiques sont claires : retour en arrière de 60 ans. Depuis la réforme de 2019, les effectifs scientifiques s’effondrent : la baisse est de 30 % pour les garçons et de 60 % pour les filles.
Les données statistiques montrent que la réforme des spécialités a également aggravé les inégalités sociales. Les élèves issues de catégories socioprofessionnelles favorisées ont su tirer profit de la nouvelle architecture du lycée et du baccalauréat, faisant les bons choix, tandis que les élèves de milieux défavorisés n’ont pas forcément eu les codes nécessaires. La réforme Blanquer a donc instauré une sorte de lycée d’initiés, exacerbant le tri social.
Parcoursup incarne la dernière étape de ce tri : la plateforme a aggravé la ségrégation sociale et scolaire en légitimant l’enseignement privé dans sa capacité à offrir aux élèves des parcours d’études supérieures – les formations du privé y étant mises au même niveau que celles du public. Nous demandons toujours l’abrogation de ces contre-réformes initiées par le ministre Blanquer.

Voie professionnelle
S’agissant de la voie professionnelle, si l’on observe, ce qui est « logique » des dotations à la hausse dans la plupart des établissements de notre département – du fait d’effectifs en hausse dans nos sections, tant en Bac qu’en CAP – nous voudrions relever le fait que l’absence d’ouvertures de sections, en particulier en Bac Pro, dans notre département, ne permettra pas d’améliorer l’orientation de nos jeunes au sortir de la 3e. En effet, dans le Tarn, le pourcentage de vœu 1 est autour de 50 %, ce qui est clairement insatisfaisant. C’est un facteur qui renforce les logiques d’échec scolaire, du fait d’orientations par défaut.
On sait nos jeunes, singulièrement ceux de milieux populaires, moins mobiles, il faut donc, dans nos bassins d’emploi, en finir avec une logique malthusienne sur la voie pro, et ouvrir dans notre département des formations en Bac Pro et en CAP, notamment dans des sections industrielles, pour répondre aux besoins des populations (réindustrialisation, santé, transition écologique…) et aux souhaits des jeunes et des familles.
En lien avec cette idée, il est nécessaire d’ouvrir des sections (ou d’en accroître les capacités d’accueil, de 15 à 24 par exemple dans certaines sections) plutôt que de « surbooker » certaines sections, sans donner les moyens correspondant dans nos lycées – volume complémentaire dans les DHG.
Concernant les métiers d’art, nous souhaitons rappeler notre opposition au remplacement de l’actuel cursus CAP et BMA formant les élèves en 4 ans (2+2) par un Brevet National des Métiers d’Art (BNMA) en seulement 3 ans. Alors que la Dgesco constate que « l’ensemble de la filière des métiers d’art souffre d’un manque de main d’oeuvre qualifiée », le ministère choisit d’affaiblir la qualification en réduisant le temps de formation et la nature de celleci. Nous en voyons la conséquence directe dans notre département puisque une classe de CAP sera fermée au lycée Clément de Pémille de Graulhet pour ouvrir une classe de BNMA.

Vies scolaires
Les violences entre élèves ou à l’encontre des personnels se multiplient dans les établissements. La FSU rappelle que la présence de davantage d’adultes formés aux côtés des jeunes permettrait de repérer les signaux faibles de mal-être, de prévenir les violences pour une prise en charge au plus vite.
Pour y parvenir, il faudrait bien entendu renforcer les vies scolaires avec davantage de CPE et AED. Ces derniers et dernières étant en première ligne, il est donc nécessaire qu’ils et elles soient plus nombreuxses dans les établissements (contrairement à la tendance actuelle). Nous demandons aussi la création des brigades de remplacement dans les départements pour ne pas faire peser sur les AED en poste dans l’établissement le remplacement des collègues absentes, et de leur donner accès à une véritable formation. En ce qui concerne les salaires, on peut noter que notre rectorat n’est même pas capable de remplir ses obligations légales minimales, à savoir une grille salariale pour les AED en CDI. Par ailleurs, la progression des discours masculinistes croissante (dernier rapport du Haut Conseil à l’Egalité) chez les élèves doit également faire réagir l’institution : il faut exiger une formation de l’ensemble des personnels à l’EVARS pour endiguer cette violence d’extrême droite qui menace non seulement les élèves, mais aussi les personnels.
Par ailleurs, nous alertons sur la mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) qui s’inscrit dans l’acte 2 de l’école inclusive. En dépit du fiasco de l’expérimentation des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) depuis 2024, le ministère généralise le déploiement du dispositif à la rentrée 2026, en maintenant les PIAL qui étaient censés disparaître au profit des PAS ! Le PAS s’impose sans cadre réglementaire stabilisé ni concertation préalable avec les organisations représentatives. Il fait perdurer la maltraitance institutionnelle, instaurée par les PIAL, à l’encontre des élèves qui ne sont pas accompagnés selon leurs besoins et de leurs accompagnant-es qui en ayant en charge entre six et onze élèves ne trouvent plus de sens à leur métier. Nous réitérons notre opposition aux PIAL et aux PAS, et défendons une école réellement inclusive et accessible à l’ensemble des élèves, ce qui implique :
• une baisse significative des effectifs dans toutes les classes ;
• le recrutement d’AESH à hauteur des besoins réels ;
• l’octroi d’un statut de catégorie B pour faire des AESH des fonctionnaires d’Etat, en finiravec la précarité et pérenniser leurs missions d’intérêt public ;
• le recrutement de personnels en nombre suffisant pour un véritable travail en équipe pluri-professionnelle (professeur-es, psyEN, AESH, CPE …) ;
• la suppression des PIAL et des PAS qui n’améliorent ni les conditions d’accompagnementdes élèves à besoins éducatifs particuliers ni les conditions de travail des enseignantes et des AESH.

Les AESH, personnels essentiels et de plus en plus nombreux dans les écoles, sont toujours méprisées et mal payées malgré l’importance capitale de leurs missions auprès des élèves en situation de handicap. Sans elles et eux, dans de nombreux cas, travailler dans certaines classes serait impossible ! Il est crucial de créer un vrai statut de fonctionnaires de catégorie B, de les rémunérer sur la base d’un salaire 100 % sans augmentation de leur temps de travail, de créer des postes d’AESH remplaçantes et de leur proposer de vraies formations.
Enfin, concernant les infirmières scolaires, PSY-EN et assistantes sociales, c’est bien grâce à une mobilisation importante que le ministre s’est engagé à une création pluriannuelle de postes pour ces 3 corps. Ce qui se traduit, pour la rentrée 2026, par 2 postes infirmiers EN et 1 d’assistante sociale pour notre département. Ces créations restent insuffisantes à la vue du nombre d’élèves par établissement, la diversité des problématiques rencontrées (santé mentale, situations sociales complexes, suivi des élèves à besoins particuliers) ainsi que l’augmentation des sollicitations quotidiennes. 7 infimieres sur 10 se déclarent en souffrance au travail, souffrance liée à cette surcharge de travail. Nous continuerons à exiger à minima 2 emplois infirmieres à temps complet dans chaque collège avec poste en inter-degré, permettant une présence infirmière effective à temps plein dans le collège et d’1 AS pour deux établissements (effectif inférieur à 1500 élèves) ainsi qu’une assistante sociale par établissement REP.
En conclusion, cela fait des années que nous dénonçons et combattons les politiques éducatives dans notre pays et avertissons sur le fait que les suppressions de postes, les multiples réformes régressives en passant par l’importation des méthodes du management privé, fragilisent le système public d’Éducation, entraînant difficultés pour les élèves et leurs familles, chute des résultats, augmentation des inégalités et malaise des enseignantes.
L’administration, quant à elle, défendait ces évolutions en assurant que nous jouions les Cassandre (qui rappelons-le avait bien raison) et que tout cela allait au contraire, dans le bon sens.
Aujourd’hui, tout le monde reconnaît la gravité de la situation créée par la thérapie néolibérale de la concurrence entre élèves et entre établissements, du tri social décomplexé, de la promotion du privé et de l’affaiblissement du public, mis en musique par les gouvernements successifs.
Mais la FSU n’a pas renoncé, quant à elle, à l’éducabilité de tous les jeunes, pas plus qu’à la nécessité de faire société. Pour cela, il est indispensable d’enfin donner au pays les moyens nécessaires à l’éducation et à la formation de la jeunesse. Cela passe bien sûr par la défense du service public d’éducation, par un plan d’urgence dans l’ensemble du pays. Cela passe également par le retrait des contre-réformes des dernières années afin de rebâtir une école démocratique offrant aux enfants et à leur famille ce à quoi aspirait déjà le plan Langevin Wallon irrigué par les principes humanistes et progressistes de la Résistance et du CNR : « Tous les enfants, quelles que soient leurs origines familiales, sociales, ethniques, ont un droit égal au développement maximum que leur personnalité comporte. Ils ne doivent trouver d’autre limitation que celle de leurs aptitudes. L’enseignement doit donc offrir à tous d’égales possibilités de développement, ouvrir à tous l’accès à la culture, se démocratiser par une élévation continue du niveau culturel de l’ensemble de la nation ».