3 juillet 2026

Métiers

Préparation aux concours internes : le rectorat change certaines règles importantes, mais évite de le dire !

Préparation aux concours internes : le rectorat change certaines règles (…)

De nombreux collègues ont reçu un avis négatif de l’EAFC à la prise en charge de la formation proposée par l’INSPE aux agrégations et CAPES internes, et nous en ont fait part. Cela nous a conduit à interpeller l’EAFC sur l’origine de cette situation.

Nous avons ainsi appris qu’une modification des procédures rectorales, passée totalement sous silence et non présentées aux organisations syndicales, avant d’être révélée par l’intervention du SNES-FSU en Comité Académique de la Formation continue (CAF) du 24/06/26, en est la cause.

Attention : arbitraire en vue !

Comme chaque année, l’INSPE de Toulouse proposera en 2026/2027 des formations à la préparation d’un certain nombre de concours internes (CAPES, Agrégation, etc.).

Le calendrier des opérations d’inscriptions à l’INSPE peuvent être trouvées sur son site.

En l’état actuel des inscriptions connues, et au 25 juin 2026, il reste des places dans toutes les formations proposées ; l’EAFC a indiqué au SNES et à la FSU qu’il était toujours possible de candidater jusqu’à début septembre 2026 (dans la limite des places disponibles).

Prise en charge : une procédure opaque

Par ailleurs, depuis de très nombreuses années, le rectorat de Toulouse accompagne les demandes d’inscription à l’INSPE dans la préparation des concours internes par un système de prise en charge des frais d’inscription, qui passe par une démarche que les collègues intéressées ont pu formuler entre le 15 avril et le 20 mai dernier->https://www.ac-toulouse.fr/preparer-une-evolution-de-carriere-130131. Le SNES-FSU a toujours encouragé ces dispositions et à plusieurs reprises demandé la hausse du nombre de bénéficiaires de ce dispositif – chiffre par ailleurs difficile à obtenir depuis la mise en place de l’EAFC, au motif d’outils en cours de déploiement à sa création.

La nouveauté 2026 côté rectorat et EAFC (qui assure la prise en charge dans le cadre du PrAF - Programme Académique de Formation) est la mise en place d’une règle qui exclut d’emblée un certain nombre de collègues du bénéfice de la prise en charge des frais d’inscription à l’INSPE.
En réponse à une interpellation de la FSU, l’EAFC a ainsi indiqué que : « l’attribution de cette prise en charge financière a été appréciée cette année au regard de critères parmi lesquels figurent le caractère unique de la participation financière (si financement les années passées, absence de financement pour 2026-2027), la situation administrative du candidat (absence de financement en cas de congé de formation professionnelle). Enfin, l’avis des corps d’inspection a également été sollicité. »
Le contexte budgétaire de plus en plus contraint n’est sans doute pas étranger à cette décision...

Un outil de management à la main des IA-IPR
Mais le moins que l’on puisse dire est que la sélection opérée sur les dossiers n’est pas des plus transparente… De plus, même si l’EAFC a indiqué en Comité académique de la Formation continue (CAF) le 24/06/26 que le dernier critère (« l’avis des corps d’inspection ») n’a que très peu été utilisé cette année, il n’en demeure pas moins que ce critère est totalement discrétionnaire, ce que le SNES-FSU ne peut accepter. L’opacité totale sur la gestion des inscriptions au PrAF est totale depuis des années, mais cette opacité permet désormais aux IA-IPR d’attribuer, sans aucun compte à rendre, une allocation d’un montant de plusieurs centaines d’euros : la logique managériale et de mise en concurrence des personnels, en plein développement, trouve hélas là un nouveau champ d’application, ce que le SNES-FSU a fermement dénoncé lors du dernier CAF dans sa déclaration liminaire :

Extrait de la déclaration liminaire de la FSU au CAF du 24/06/26 :

Un des angles morts pour le moment dans nos échanges sur la formation figurent parmi les objectifs affichés de mobilité et d’évolution professionnelle de nos collègues : s’ils irriguent bien les Lignes de Gestion et la Feuille de route RH, l’accompagnement à la mobilité et aux évolutions professionnelles manquent à notre sens de concrétisation pour le plus grand nombre, et, probablement, de moyens : nous avons par exemple demandé à pouvoir disposer, pour ce CAF, des possibilités de formation, et de formation co-financée par notre employeur, en matière de préparation des concours internes (enseignants, mais la problématique est identique pour nos collègues exerçant dans les divers services), et le retour est intéressant à observer. C’est un exemple, parmi d’autres, des indicateurs pour apprécier l’adaptation de la formation continue aux attentes réelles des collègues, sans aucun doute incomplètement prise en compte. En la matière, nous tenons aussi à insister sur le manque de transparence sur la sélection opérée par les corps d’inspection sur l’attribution d’une prise charge financière du coût de la préparation aux concours internes, importante pour les collègues : plusieurs centaines d’euros, qui, faute de visibilité sur les critères et modalités d’attribution, deviennent ainsi une forme déguisée de prime, discrétionnaire, allouée à certaines et pas à d’autres…

Enjeu de plus en plus important

Rappelons enfin que le décrochage de niveau de recrutement entre les nouveaux CAPES externes (passés désormais à Bac+3) et l’agrégation externe qui requiert un Bac+5 empêche désormais les nouveaux certifiées d’enchaîner la préparation de cette dernière, les privant d’emblée de la possibilité d’accéder rapidement au corps des agrégées.
De plus, compte tenu de l’abaissement des exigences disciplinaires qui découlent d’un concours positionné à Bac +3, il y a peu de chances que contenus disciplinaires des formations proposées aux lauréates des nouveaux CAPES dans les nouveaux Master M2E des INSPE leur permette d’acquérir le niveau scientifique requis pour une préparation d’une agrégation externe. Malgré tous les apports du SNES-FSU pour y enrichir la formation disciplinaire, et malgré la demande explicite et renouvelée du SNES-FSU d’amender le projet de cadrage des Masters M2E, le ministère a systématiquement refusé de faire de la possibilité de préparer une agrégation externe un des objectifs de formation de ces masters.

Dans ce contexte, les possibilités d’accès au corps des agrégées par concours se réduisent, et les possibilités de préparer dans de bonnes condition une agrégation interne deviennent un enjeu pour la profession. Le SNES-FSU poursuivra donc ses interventions pour :
 étendre le bénéfice de la prise en charge à davantage de collègues ;
 obtenir de la transparence sur les modalités d’attribution de cette prise en charge, et sur les possibilités d’accéder réellement aux préparations aux concours internes.

Le SNES-FSU demande par ailleurs depuis la mise en place de l’EAFC une meilleure communication des procédures aux collègues, particulièrement celle ouvrant droit à des aides financières pour suivre une formation. L’EAFC reconnaît des difficultés dans la communication des informations, mais se retranche derrière la procédure d’abonnement aux formations du PrAF, qui génère des alertes lorsque les dispositifs de formations sont ouverts à l’inscription. Pour le SNES-FSU, cette réponse n’est pas satisfaisante, notamment lorsque des calendriers spécifiques pour certaines procédures sont appliqués.